• Carolina Olivo

De maman à thérapeute


Je suis devenue mère il y a 20 ans et bien que cela apparaisse dans mon curriculum vitae, je ne suis pas sûre que les gens sachent que la maternité transforme les femmes en de bonnes gérantes, de puissantes directrices et d'excellents chefs d’entreprise.

De mon point de vue, être mère est le résultat d’une succession d’expériences d’apprentissage continu; un processus qui comprend l’organisation, la gestion des relations humaines, la gestion du temps et les finances pour:


  • Incarner le personnage "transformer" et réaliser simultanément le lavage, le repas et le ménage pendant que nous faisons un rendez-vous au garage et surveillons le sommeil du bébé.

  • Cultiver vieilles amitiés et de développer d'autres au milieu d'une vie pas mal comblée de responsabilités familiales et professionnelles.

  • Aider les enfants, le couple et nous-mêmes à mieux gérer les émotions, au lieu de nous sentir complètement affectées par celles-ci.

  • Payer les dépenses domestiques, organiser les activités de loisir et acheter des cadeaux pour des fêtes et d'anniversaires

Je pense que lorsque nous décidons d'avoir des enfants, nous n'imaginons probablement pas l'ampleur des changements qui se produiront à court, moyen et long terme.

Dès le moment de prendre la nouvelle de la grossesse et jusqu'à l’accouchement, la femme observe, jour après jour, comment son corps se transforme en une sorte de ballon gonflable proche à exploser; et même si les gens nous disent "comme tu es belle! «La grossesse te fait du bien!» Il est possible que l’image reflétée dans le miroir nous rappelle davantage au cochon du souper de Noël qu’une belle mannequin du magazine VOGUE.

Le jour de la naissance arrive, nous sommes contentes de savoir qu’enfin les 20 promenades nocturnes pour faire pipi ont fini, mais on découvre, déjà à la maison, que les allers-retours aux toilettes, dans un état de quasi-somnambulisme, ont été remplacés par des rituels pour allaiter le bébé tous les 3 heures. Un rituel qui comprend: la chasse au mamelon, un court dodo de la part du bébé qui a encore le sein dans la bouche, l'aider de se libérer des flatulences, répéter les mêmes étapes avec l'autre sein et lui changer la couche avant de le remettre dans le berceau une fois endormi. Sans oublier, bien sûr, qu’au moment que nous sommes couchées, nos pensées paranoïaques nous poussent à regarder plusieurs fois le petit appareil, installé sur la table de nuit à côté du visage, pour nous rassurer que tout va bien et que le bébé respire encore.

La fatigue et le stress nous envahissent et la dépression post-partum arrive sans y être invitée, ce qui se passe différemment pour chacune des femmes. C'est ainsi que peu importe le masque facial utilisé, les traces du sommeil non réparateur sont là, avec les "seins de vache", l'excès de poids et la peur de ne pas être à la hauteur du rôle de la mère femme idéale.

Heureusement, les rires et les progrès du bébé prennent de la place ce qui nous pousse à continuer le chemin à toute vitesse et à devenir comme bien décrit le psychologue Sigmund Freud: le premier amour, la confidente et la conseillère de cette personne qui était autrefois à l’intérieur de ce ventre, qui aujourd’hui reste encore gonflé, grâce aux kilos gagnés par un mauvais régime alimentaire et le manque d’exercice physique, mais non à la grossesse.

Les sujets de conversation sont variés avec les enfants. Nous leur racontons des histoires et des anecdotes; nous leur conseillons plusieurs fois pour leur apprendre les valeurs de la responsabilité et de la coopération, pour développer en eux la signification de l’engagement solide dans des relations interpersonnelles, pour les préparer à l'exercice d'une sexualité responsable et pour les inciter à choisir une profession accorde à leurs idéaux.

La maternité nous transforme en sorcières, couturières, coiffeuses, photographes, chauffeuses et même policières. Qui n'a pas donné un bisou sur un bobo de l'enfant lui promettant que la douleur s'en irait? Qui n’a jamais soufflait dans l'œil de l'enfant pour faire voler le méchant intrus? Combien d'entre nous n'avons pas appris les recettes des grand-mères pour préparer des infusions contre les douleurs abdominales, la fièvre ou le manque de sommeil des enfants.

En tant que mères, nous apprenons le yoga de manière libre et empirique, spécifiquement le contrôle de la respiration, nous réalisons qu’il vaut mieux respirer avant de réagir aux événements qui réveillent l’animal furieux, agressif, effrayant ou triste qui nous habite. Combien de fois étais-tu surprise de te sentir respirer comme un taureau parce que ton ado a oublié de ramasser beaucoup d'objets au salon ou parce que ton conjoint regardait tranquillement la télé pendant que ton petit garçon dessinait sur les murs avec des marqueurs non effaçables alors que tu préparais le souper pour ta belle-mère?

Comme dans un cours universitaire de pédagogie moderne, nous, les mères d'aujourd'hui, avons appris à répondre à l'enfant de 4 ans que les bébés ne sont pas livrés à la maison par le service de cigognes. C'est vrai que les questions des adolescents nous font confronter nos propres expériences de la jeunesse, ainsi que nos croyances, nos tabous et nos peurs. N'est-il pas embarrassant à essayer d'expliquer à une fille de 12 ans pourquoi les condoms ont des saveurs ou bien lui suggérer d’atteindre un âge quelconque avant d’expérimenter pour la première fois une relation sexuelle? Ou bien d’encourager nos ados à faire les devoirs de maths en essayant de l'aider, alors que c’était exactement le cours plus difficile pour toi à une époque qui reste dans tes souvenirs plus lointains.

La maternité est une école dans laquelle nous apprenons non seulement à développer au maximum tous nos sens. En effet, nous pouvons découvrir que quelque chose ne va pas bien simplement en sentant une odeur, en écoutant le souffle, en observant la manière de marcher ou en croissant le regarde de nos enfants. Nous apprenons également à être assertives, à poser les bonnes questions au bon moment et à nous déguiser de sauveteurs pour l'empêcher de se noyer dans un tourbillon d'anxiété.

Nous jouons aussi le rôle de thérapeutes pour nos enfants, mais aussi pour leurs amis et les parents de ces derniers, quelquefois. Encore que les résultats soient bons, l'expérience professionnelle m'a montré que nous ne sommes pas de bonnes thérapeutes quand il s'agit de nous-mêmes.

La maternité nous met au défi, celui de nous respecter, de nous valoriser et de reconnaître qui on est en tant que femme, amante, conjointe, professionnelle, fille, amie, sœur, collègue et membre d’une communauté. Nous expérimentons avec fierté l'amour inconditionnel que seule la maternité peut accorder, mais nous nous interdisons d’attirer vers nous le plaisir maximum d’une expérience aussi irrépétible que courte. Nous assumons consciemment la charge de travail associée à la garde du foyer et à l’éducation des enfants, au détriment de notre santé et nos désirs, sans réaliser que tout cela fera partie de l’ADN émotionnel et culturel familial de nos enfants. Bref, le challenge de la maternité est d’accepter la responsabilité unique et inévitable d’être créatrice de notre mieux-être et collaboratrice du bien-être de nos enfants et autres membres du cercle familial.

Pareil à une passagère d'un avion en cas d'urgence qui doit utiliser un masque à oxygène, nous devons, en tant que mères, chercher à nous aider avant de tenter de rendre service à une autre personne. Une rencontre thérapeutique, un massage, la participation à un atelier thématique ou juste prendre un café avec une amie peut faire une différence positive aussi que significative dans ta vie et la vie des personnes dans ton entourage.


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